Twitter : pourquoi des robots mettent inlassablement vos tweets en favori ?

Une étoile, deux étoiles, trois étoiles : au début, vous êtes heureux de voir que les gens chérissent vos tweets au point de les ajouter à leurs favoris sur Twitter. Jusqu’à ce que cette démarche devienne intempestive. Voilà que des comptes sauvegardent toutes vos paroles, jusqu’aux plus insignifiantes. Vous répondez « oui » à un contact ? Favori ! Vous lui envoyez un « 😉 » ? Favori ! Mais où cela s’arrêtera-t-il ?

Quand vous allez voir de plus près ce profil qui vous harcèle, vous tombez souvent sur une photo d’oeuf (la photo par défaut sur Twitter), un nom tout à fait générique et des tweets curieusement formulés, qui renvoient parfois vers de sites de perte de poids ou vers des entreprises qui vendent du follower. C’est que ces comptes ne lisent pas du tout vos tweets : ils vous spamment.

Il suffit de cocher l’étoile en bas à droite d’un tweet pour le placer dans son onglet Favoris à retrouver sur son profil. Si les retweets servent à diffuser un message à son audience, les favoris, ou « fav », remplissent d’autres fonctions.

25 raisons de « faver »

Une équipe de chercheurs britanniques et allemands avait défini 25 raisons différentes de « faver » : accuser réception d’un message, remercier une personne, apprécier un bon mot ou encore sauvegarder le lien d’un texte pour le lire plus tard. Les favoris ne sont pas privés : vous pouvez consulter ceux de chaque utilisateur sur sa page. Mais en soi, l’action de « faver » reste assez discrète. Sauf à aller les chercher volontairement, les favoris ne sont connus que par celui qui « fave » et celui qui est « favé ».

Exemple de spam : Elizabeth Walkera a « favé » mon tweet. Son nom est d’autant plus douteux qu’une série de comptes avec des noms qui pourraient sembler ordinaires s’ils ne se finissaient pas par un A m’ont déjà fait le même coup (Lisa Johnsona, Dorothy Williamsa, Nancy Andersona). En allant sur son profil cette @Laurap1791 est louche : tête d’oeuf, neuf tweets à peine sans cohérence aucune, pas de followers. Idem pour le compte @iras_opuxojim74, qui est d’autant plus suspect qu’il a tweeté six fois, dans quatre langues différentes.

Un business rentable

Quel est le but de ces spammeurs qui « favent » à droite et à gauche sans réfléchir ? Quand vous voyez une notification dans l’onglet dédié, vous ne pouvez pas vous empêcher pour regarder de plus près le profil – car qui n’est pas intéressé par qui s’intéresse à lui ? On peut même imaginer que vous cliquiez sur le lien indiqué dans sa bio et cela vous emmènera vers du spam. Absurde ? Pas tant que ça.

Comme l’explique « Ad Week », Followgen par exemple s’était bâti un beau succès sur ce business en 2013, même s’il a depuis disparu. Le principe : il « favait » automatiquement les tweets de quelqu’un dans le but que celui-ci les voit et décide de suivre la personne en retour. Pour 12 cents, il vous trouvait un nouveau follower. « Selon mes clients (un mélange de marques et de particuliers), le ciblage et les données étaient meilleures [que sur Twitter Ads] », expliquait même son PDG. Un blogueur s’était aussi emparé du sujet et a découvert que derrière les liens de ces faux profils se trouvaient un site qui vendaient des followers sur Twitter : 1.000 followers pour 20 dollars, 100.000 followers pour 420 dollars.

Signalement humain et automatique

S’il est aussi facile de créer des robots sur Twitter, c’est que son API (interface de programmation) est ouverte : les développeurs peuvent s’en servir pour leurs projets. C’est par exemple le cas de @maree_info, un robot conçu pour répondre automatiquement aux demandes sur les horaires de marée. Twitter considère cet usage comme positif. En revanche, le réseau social a mis en place une détection automatisée pour repérer les comptes malveillants. Il effectue de grands « nettoyages » de comptes qui ont le même mode de fonctionnement et les ferme en masse.

Bien sûr, il est toujours possible de signaler en tant que spam et bloquer ces comptes. « Notre équipe antispam ne cesse d’évoluer pour adapter sa riposte aux nouvelles formes de spam, afin de garantir un environnement sans spam aux utilisateurs de Twitter. En complément des systèmes et outils de détection du spam dont nous disposons, nous comptons sur les utilisateurs pour nous signaler les cas de spam dont ils auraient connaissance », fait savoir un porte-parole de Twitter.

Mais ils ne sont pas toujours faciles à repérer. Dans un post publié sur le blog de Meshfire, le PDG Eli Israel écrit : « Contrairement aux anciennes méthodes de ‘spam par mention’, ‘faver’ un tweet ne laisse pas de preuve dans la timeline du faveur permettant aux utilisateurs de le repérer, et à moins de dépasser les limites imposées par Twitter (un très généreux 1.000 favoris par compte par jour), ils peuvent passer inaperçu assez longtemps pour atteindre leurs objectifs. » En attendant, ils ennuient uniquement les profils visés.

Source : l’OBS

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